Dans un vase de verre où la lumière s'attarde, quelques fleurs tiennent encore tête au silence. Le rouge y brûle sans colère, comme un feu qui aurait appris la douceur.
Une corolle penche la tête vers une sœur aux pétales de cuivre. On dirait qu'elles échangent des souvenirs avant que le soir ne ferme les volets du ciel.
Le fond pâle ne raconte presque rien,et c'est pour cela qu'il écoute tout.Chaque touche de bleu, chaque éclat de jaunedevient une respiration dans le blanc du temps.
Les feuilles portent un vert obstiné,le vase recueille les reflets du monde.L'eau invisible y garde le secretdes racines absentes et des printemps passés.
Rien ne cherche à durer,et pourtant tout résiste.Car il suffit parfois d'un bouquet sur une tablepour que la journée retrouve un cœur qui bat.
Alors les fleurs ne sont plus des fleurs, mais des braises confiées au verre, une poignée de soleil déposée dans une chambre, un fragile serment que la beauté murmure à l'éphémère.
Huile sur papier toilé, 21 x 32, réf. CS8926