Au petit matin, la rivière s’éveille avant le reste du monde. La lumière glisse sur l’eau comme une main bienveillante, révélant les premiers frémissements du courant.
Sur la berge, les herbes encore lourdes de rosée se penchent, comme si elles voulaient écouter ce que le jour s’apprête à dire. Les arbres, alignés de part et d’autre, semblent former un passage secret : leurs troncs élancés dessinent une sorte de couloir naturel, une entrée vers un lieu où le temps ralentit.
Un promeneur pourrait croire que rien ne bouge, mais la peinture raconte autre chose. Elle montre le souffle discret du vent qui traverse les feuillages, les couleurs qui se mêlent et se séparent, les reflets qui transforment la rivière en miroir vivant. L’eau ne se contente pas de refléter : elle réinterprète, elle déforme, elle invente une seconde forêt, plus fragile, plus rêveuse.
Au-dessus, le ciel pâle ouvre une profondeur silencieuse. On devine que le jour sera doux, peut‑être même lumineux, mais pour l’instant il se contente d’accompagner la scène, comme un témoin discret. Tout semble suspendu.
Huile sur papier toilé, 26 x 36, réf. CS11826