Paysage agraire - réf. CS5023

Je marche le long de la route, qui n’a rien demandé et qui accepte pourtant mes pas. Elle se laisse suivre avec une bonté tranquille, comme si elle savait que je ne vais nulle part d’important.
De chaque côté, les champs sont occupés à être des champs, ce qui est une tâche sérieuse et sans prétention. Les sillons, légèrement penchés, paraissent réfléchir à quelque chose de simple, peut-être au temps qu’il fait.

Les maisons, alignées sans rigidité, ont des toits rouges qui semblent avoir été posés avec précaution, pour ne pas effrayer le paysage. Elles ne racontent rien, ou alors à voix basse, et seulement si l’on s’approche suffisamment. Je les trouve aimables, non parce qu’elles sont jolies, mais parce qu’elles ne cherchent pas à l’être. Elles habitent le lieu comme on habite une pensée modeste.

Au loin, les collines se tiennent tranquilles. Elles ne viennent pas vers moi, je ne vais pas vers elles, et cet accord tacite nous convient parfaitement. Le ciel, très occupé à étaler ses nuages, fait un effort visible pour rester léger. Il réussit assez bien.

Je pourrais continuer à marcher longtemps, ou m’arrêter ici, cela revient presque au même. Le paysage ne dépend pas de ma décision. Il reste calmement, dans son état de paysage, et me permet, pendant un court instant, de faire de même.

Huile sur papier, 29 × 42, réf. CS5023

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